Affichage des articles dont le libellé est Dessin. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Dessin. Afficher tous les articles

09/12/2019

_Graffiti de Karl Lotze

Karl Lotze, (Karl Max Reinhard Ludwig LOTZE) est né le 14 août 1892 à Kreiensen, du côté de Hanovre. Il suit un enseignement artistique de 1910 à 1914, à l' école professionnelle d'art de Kassel puis à l'Académie d'Art de Düsseldorf.

Il s'engage dans l'armée lorsque la Première Guerre mondiale éclate. Mais il attrape le typhus et séjourne à l'arrière, de 1915 à 1918, d'abord à Laon, puis à Vervins. Devenu dessinateur officiel de guerre pour l'armée allemande, il y produit des dessins et des photographies (portraits, paysages, scènes de la vie quotidienne, scènes de guerre...). Karl Lotze s'adonnera ensuite à la peinture de chasse jusqu'à la fin de sa vie - il meurt en 1972.

Fiedler mit Barten unterhalten sich über Geflügelzucht
Karl LOTZE, 1915
Source : coll. La contemporaine

Le dessin ci-dessus est daté du 29 janvier 1915 : il est, officiellement, la première production graphique de Karl Lotze sur la Première Guerre mondiale. Il a été réalisé à l'hôpital de Laon, vraisemblablement pendant la convalescence de l'auteur. La légende-titre, "Fieldler et Barten discutent de l'élevage de poulets", prête à sourire de par l'insignifiance de ce qu'elle nous révèle. C'est dans le même esprit que Karl Lotze aura pris soin de dessiner, au dessus des têtes de ses compatriotes, les graffitis sur les murs de l'hôpital : voilà qui n'a pas beaucoup de valeur informative non plus (d'autant plus qu'on ne reconnait pas les motifs graffités)... mais qui témoigne d'un œil pour le moins soucieux de l'anecdote. Faut-il mettre cela sur le compte de l'humour, ou d'un souci sincère de relever ce genre de détail non représentatif ? Quoi qu'il en soit, Karl Lotze paraît bien sensible à la coexistence du grave et du bénin, du drame et de l'anodin, du significatif et de l'indifférent sur les lieux qu'il a documentés pendant la Grande Guerre et ceci pourrait orienter la compréhension globale de son travail sur cette période.  



27/11/2019

_Robillard, in Jef Klak n°6



Le collectif Jef Klak poursuit la publication de son périodique annuel. Comme le voulait le "jeu des queues" - Trois p'tits chats, Chapeau de paille, Paillasson, etc. - et le numéro 1 s'intitulant Marabout, le numéro 6 allait forcément s'intituler Pied à terre. Il contient des critiques sociales, des expériences littéraires et iconographiques touchant aux diverses thématiques que peut évoquer cette expression - par exemple : avoir un pied à terre c'est pouvoir être hébergé, ce peut être aussi avoir conscience du sol, du territoire ; mettre un pied à terre c'est, pour les cyclistes, marquer l'arrêt. 

Dans ce numéro, on trouve les reproductions de six dessins d'André Robillard issus de la collection l'Aracine, conservés au LaM.

En voici la liste (dans l'ordre de leur mise en page) : 
  1. La planète lunaire - 1983 (Stylo à bille, crayon de couleur, craie grasse et crayon graphite sur papier, 49,9 x 64,7 cm) 
  2. Le débarquement sur la planète martienne -1987 - 1988 (Stylo à bille, crayon de couleur et crayon graphite sur papier, 55,5 x 75 cm) 
  3. Les O.V.N.I. vienne de la planète Jupiter et fonce vert la terre - 1983 (Stylo à bille et crayon de couleur sur papier, 32,5 x 50 cm) 
  4. La jeep lunaire d'APOLLO 15 a mis le pied sur le sol lunaire - 1983 (Stylo à bille, stylo-feutre et crayon de couleur sur papier, 50 x 64,8 cm) 
  5. La conquête des planète interplanétaire - 1987 - 1988 (Stylo à bille, crayon de couleur et craie grasse sur papier, 50,1 x 64,9 cm) 
  6. Armstrong U.S.A. - 1993 (Stylo-feutre et stylo à bille sur papier, 29,7 x 42 cm)
Joli socle, pour ces dessins, que ce Jef Klak. Ils sont imprimés deux par deux, sur trois pages (p. 184-186), sans commentaire. Il n'en demeure pas moins que leur surgissement entre les feuillets bariolées de ce numéro (comme les autres, imprimés sur du papier machine blanc et teinté) a une incidence sur le regard que l'on posera sur eux. Quelques pages en amont, on peut lire le texte de l'historien de l'art pré-colombien Amara Leah Solari - "Des roues, un jaguar, le cosmos" - dans lequel il est question des roues calendaires et des cartes circulaires produites par les mayas du Yucatán pendant la période coloniale. Ayant contemplé les illustrations de ce texte, on sera forcément attentif à l'aspect des planètes d'André Robillard, tant il est vrai qu'elles leur ressemblent un peu. 

N'allons pas jusqu'à en conclure qu'André Robillard serait en lien avec les Mayas - d'autant plus qu'en observant ses disques planétaires de près, comme la rime visuelle nous y incite, on trouvera le motif, décidément, familier... trop familier pour être apparenté sans détour à la cosmographie pré-colombienne.

1. 2.

1. La conquête des planète interplanétaire [détail]
2. Le débarquement sur la planète martienne [détail] 

Que voit-on ? Les planètes de Robillard ne sont pas des entités simples, qu'il suffirait de localiser dans l'espace. On pourrait être amené à y poser le pied, à y vivre, même. Chacune est un monde à part entière, avec ses territoires, sa géologie particulière : une terre. Aussi Robillard prend-il bien soin de partager son disque apparent en zones, continents et/ou plaques lithosphériques. L'imaginaire qui se manifeste à travers ce langage plastique dépasse le cadre référentiel de la "conquête de l'espace" des années 1950 à 1980. Il est plus ancien, sans doute, plus terrestre d'une certaine façon. Ce qu'André Robillard représente dans ces cercles, c'est la promesse dont chaque planète est porteuse, la terre habitable qu'elle pourrait devenir : l'écoumène - soit l'objet premier, non de l'astronomie, mais bien de la géographie. 


POST SCRIPTUM : fruit d'une cueillette sur Gallica : 

3. 4.

3. Mapa mundi VI, 1320 : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b55004989t
4. Copie sommaire de la mappemonde vénitienne d'Andrea Bianco, 1436 : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b84907926