Affichage des articles dont le libellé est Cinéma. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Cinéma. Afficher tous les articles

24/02/2020

_L'œil ailé



Les textes des intervenants de la journée d'étude "Michel Nedjar : regard sur le cinéma" organisée au LaM par Corinne Barbant et Géraldine Sfez, ont été publiés sur Déméter, la revue du CEAC - Centre d'étude des arts contemporains.
À l'occasion de cette journée, j'avais présenté une réflexion sur l'"œil" qui opère chez le cinéaste, comme chez le plasticien et le collectionneur qu'est aussi Nedjar. Pour ce faire, je m'étais appuyée sur l'examen de trois œuvres en particulier.

1.  2.  3. 

1. Du côté du cinéaste :
NEDJAR Michel, Ailes, 1979, Super 8, couleur, sonore, 15' 00
N.B. : Le film est conservé au Centre Pompidou. Il est numérisé, et peut être visionné en ligne grâce au travail de l'association Lightcone, ici ›

2. Du côté du plasticien : 
NEDJAR Michel, Personnages et animaux, avant 1994, Gouache sur carton, 48,7 x 26 cm

3. Du côté du collectionneur :
DARGER Henry, Bobine, avant 1973, Ficelle.

Ces œuvres de Michel Nedjar et d'Henry Darger sont conservées au LaM - Lille métropole musée d'art moderne, d'art contemporain et d'art brut, ici ›

Voici mon texte :

10/02/2020

_Viendra le feu


Viendra le feu - Olivier Laxe, 2019
Mon dernier article sur Débordements concerne le film d'Olivier Laxe, Viendra le feu  (2019), qui déjoue les attentes que crée son synopsis :
Amador Coro a été condamné pour avoir provoqué un incendie. Lorsqu’il sort de prison, personne ne l’attend. Il retourne dans son village niché dans les montagnes de la Galice où vivent sa mère, Benedicta, et leurs trois vaches. Leurs vies s’écoulent, au rythme apaisé de la nature. Jusqu’au jour où un feu vient à dévaster la région.



11/01/2020

_Cachez ces déchets que je ne saurais voir



J'étais invitée à présenter une analyse d'œuvre ce samedi 11 janvier, à l'occasion de la première session des Après-midis du collège clinique de Lille et de l'ACF CAPA accueillis à l'Hôpital Saint-Vincent de Paul - session consacrée aux déchets [ >>> lire la présentation sur Facebook]

Mon intervention s'intitulait Le filmograffiteur de Zemrude




25/11/2019

_Jim


Il se fait parfois attendre. Parfois quelques minutes, quelques secondes… Prenons Jim le Glisseur (Ferdinand Zecca, 1910), par exemple : dans ce film il lui faut sept secondes pour apparaitre. 

Il faut voir la scène (typique) : un intérieur, plutôt réduit, sans fenêtre ; au dessus des boiseries les murs sont tapissés de rayures verticales, fines et serrées. Au milieu, un homme assis à son bureau, vêtu d’une veste grise et d’un pantalon noir, paraphe un document. Il est un peu chauve, porte une moustache et une petite barbe ; il se tient un peu trop droit, tout en paraissant, malgré tout, un peu trop flasque. Une porte s’ouvre, un brigadier fier et agité, coiffé d’un casque en forme de suppositoire, entre. Il salue son supérieur en faisant claquer ses talons aux pieds de son fauteuil, et lui demande l’autorisation d’ordonner à ses deux sous-fifres de les rejoindre. Stop. Sept secondes… quelle barbe. Il faut enfin le dire : sans lui, le cinéma est d’un ennui mortel.

Qui est-il, exactement ? Cela, je ne saurais le dire ; je cherche à l’identifier, et c’est pour cela que j’écris. Il pourrait ne pas porter de nom pour le moment ; appelons-le Jim, comme Jim le Glisseur puisqu’il est, dans une certaine mesure, à son image. Il pourrait aussi bien être l’Etranger dans « Pour une poignée de dollars » (lui, il faut sept minutes pour bien le voir). Mais j’y reviendrais peut-être, plus tard. Ce qui m’importe, là, c’est le monde sans Jim - puisqu’il nous laisse le temps de l’apprécier avant d’apparaître. Le monde, en l’absence de Jim, c’est comme la bureaucratie policière. C’est comme le chiffonnier en bois vernis derrière ceux qui demandent des justificatifs : clos, lourd et sans profondeur, en même temps.

Jim s’y laisse trainer comme une serpillière par les deux policiers qui attendaient l’ordre de le faire. Il porte une casquette, son costume est clair, et ample. Avant d’adresser un regard au bureaucrate qui le jauge depuis son fauteuil, il jette quatre coups d’œil sur les lieux : le plafond au dessus de la porte qu’il vient de franchir, un coin du quatrième mur… le caisson et les pieds du bureau semblent l’intéresser plus particulièrement. Pour Jim, connaitre l’endroit, c’est plus important que de savoir ce qu’on a à lui dire. Le socle prime sur ce qui s’y trouve posé, le contenant prime sur le contenu. Ses regards sont furtifs, précipités, mais perçants, d’une efficacité redoutable : ils fraisent profondément aux quatre coins du cadre, ils flèchent le hors-champ, la zone imaginaire libre. Ça s’ouvre. 

Le chiffonnier contient bien quelque chose qui, peut-être, importe. Il y a des panneaux, sur les murs, d’un blanc immaculé : à quoi peuvent-il bien servir ? N’y aurait-il pas une fenêtre, du côté du quatrième mur ? N’y aurait-il pas une clef sous le pied de ce bureau ? Dans ce pauvre petit compartiment que nous avions sous les yeux, ceux de Jim donnent de quoi croire en un monde un peu plus vaste, un peu plus divers, un peu plus vivant ; ses poches étaient donc pleines. Tandis que la flicaille en déverse le contenu (pendentifs, colliers…), naturellement je ris ; mais de joie d’abord, car avant d’être drôle, c’est merveilleux : j’acquiers enfin la certitude que de petites choses peuvent briller sur cet écran. 








08/01/2015

_Journée d'étude : LE CINÉMA AUTRE


Cliquer sur l'image pour l'agrandir

À l'issue de cette rencontre, quatre textes ont été publiés sur le site de la revue Débordements :

#1 La marche, un autre mouvement du cinéma
- - - - Suzanne Liandrat-Guigues
- - - - Lucie Garçon
- - - - Pascale Cassagneau
- - - - Charlotte Mariel & Romain Lefebvre

Voir aussi :

Natpwe, Le Festin des esprits
- - - - Le film de Jean Dubrel et Tiane Doan Na Champassak
Un lieu commun
- - - - Entretien avec Olivier Derousseau, sur Nager, comme si c'était hier 
Image autiste, parole errante : 1/3 - 2/3 - 3/3
- - - - Textes de Maxime Martinot